Biographie Isabelle Courroy

Isabelle Courroy – Musicienne – flûtes kavals

Loxias Création 2018 R©Louzon

Coup de cœur Académie Charles Cros des 2 albums

– Confluence#1 – Isabelle Courroy. Le souffle onirique des flûtes kaval (2014)

– Il sole non si muove Cie Rassegna (2017)

 

Victoires de la Musique avec l’Orchestre Musicatreize, direction Roland Hayrabédian (1992)

 

 

Diapason d’or : Françoise Atlan – Romances séfarades (1992)

ffff de Télérama – Choc du Monde de la Musique – Diapason d’Or : Françoise Atlan La rose et le jasmin (1996)

Choc du Monde de la Musique : Françoise Atlan – Noces (1998)

Bravo !!!! Trad Mag avec le Quintette Aksak – Portraits (2008)

Parcours (résumé) :

Instrumentiste transfuge de la flûte traversière contemporaine dont elle a suivi le parcours de concertiste, Isabelle Courroy s’est saisie d’une flûte oblique ancestrale jouée en Europe Orientale et Asie Occidentale, appelée kaval. De cet instrument dont elle s’est faite pionnière en Europe Occidentale, elle a féminisé le jeu et développé la plasticité. Par la mise en en tension des différentes esthétiques qui continuent de marquer son parcours, elle ouvre de nouvelles voies de création. Auteure, compositeure, arrangeure, elle écrit pour la danse, le théâtre et le cinéma. Elle oeuvre également dans le domaine de la lutherie et accorde une place importante à la transmission.

Formation initiale :

Parallèlement à ses études d’Histoire de l’Art et de Philosophie, Isabelle Courroy a étudié la flûte traversière auprès de Maître G. Crunelle, professeur honoraire au Conservatoire Nationale Supérieur de Paris. Elle a obtenu sa Médaille d’Or au Conservatoire National de Région de Marseille dans la classe de Jean Louis Beaumadier. Au sein de l’Orchestre Musicatreize sous la baguette de Roland Hayrabédian, elle a la chance de suivre la direction artistique de Maurice Ohana, à l’occasion de l’enregistrement du Llanto por Ignacio Sanchez Mejias (Victoires de la musique et Choc du Monde de la Musique 1992). Cette rencontre avec le compositeur qui admirait tant le cante jondo de Garcia Lorca marquera fortement son parcours.

Cheminement personnel :

A partir d’un coup de foudre pour le grain d’un son de flûte roumaine écoutée sur un 33t de collectages, Isabelle Courroy est entrée dans un processus d’initiation qui l’a conduite à la découverte de toute une famille d’instruments au nom turc : kaval, dont elle privilégie la version oblique pour sa liberté d’embouchure, sa palette sonore rare et ses qualités mélismatiques. Les flûtes kaval étant alors totalement méconnues en Europe occidentale, elle entreprend de nombreux voyages qui l’amènent régulièrement en Roumanie, Bulgarie, Grèce, Macédoine et Turquie, pour rencontrer les musiciens dans leurs contextes et apprendre directement auprès d’eux. Si la tradition reste une des bases solides à laquelle elle ancre son travail, son propos est de nourrir le flux de la création qui anime toute musique vivante. Abreuvée aux sources turco-bulgares de son instrument, Isabelle Courroy croit aux fulgurances de l’improvisation. Elle initie et fédère de nombreux projets de création auxquels elle insuffle la singularité de son style, alliant rusticité et subtilité, vigueur et raffinement. Son travail sur les richesses de timbre des flûtes kaval lui permet de dessiner un répertoire aux larges contours, alliant les espaces d’une altérité fertile et d’une intimité créatrice.

Actualités :

– Le projet Kaval de cristal

En 2016, Isabelle Courroy s’engage avec Christian Zagaria, info-scéno-plasticien, dans l’écriture du projet Kaval de cristal : solo musical et graphique mettant en scène Lumière et Transparences. Pour cette création, elle se lance auprès de Ludovic Petit, maître verrier, dans la facture d’instruments de cristal, matière dont une des propriétés physiques majeures est d’être conductrice de lumière.

– Les Ciné-Concerts

Sollicitée par Les Films du Tambour de soie et le producteur Alexandre Cornu, elle compose en 2013 la musique originale du film   Jasmine, réalisé par Alain Ughetto. – Nominations Annecy 2013, European Film Awards 2013 et IT’S ALL TRUE, Prix du meilleur documentaire long métrage international du 19e Festival International du Film Documentaire de Sao Paulo/Rio de Janeiro, Bresil.

Elle crée en 2015 le Ciné-Concert Jasmine avec Mireille Collignon, viole de gambe et Philippe Franceschi, chant et clarinette, qui ont enregistré avec elle la B.O du film.

Le Ciné Concert Grass est créé avec Shadi Fathi en 2015, sur un documentaire de Merian C. Cooper & Ernest B. Schoedsack, réalisé en 1926 et montrant la transhumance des Bakhtiari, peuple d’éleveurs nomades.

– Il sole non si muove 

Diffusion et création phonographique avec l’Ensemble Multitudes de la Cie Rassegna. Il sole non si muove (Sylvie Paz, Carine Lotta, Carina Salvado, Fouad Didi, Philippe Guiraud, Bruno Allary et Mireille Collignon, violiste invitée) se penche sur la circulation des chansons profanes au sein du bassin méditerranéen et jusqu’en Angleterre au XVIème siècle. Editions Buda Musique, Distribution Socadisc & Believe digital, Production MCE, direction artistique Bruno Allary. Abbaye de Sylvanès, Le Rayol.

– L’immobile voyage 

En duo avec Shadi Fathi (Sétar, daf, zarb) et trio avec Wassim Halal (percussions). Répertoire de compositions originales et arrangements personnels: Festival Suds‘Arles, De bouche à oreilles de Parthenay, Joutes de Correns, Aux heures d’été de Nantes …

– Confluence#1 – Isabelle Courroy, le souffle onirique des flûtes kaval

Album dédié aux flûtes kaval et à tous les musiciens d’horizons très différents qui l’accompagnent tour à tour sur ses compositions originales : Socratis Sinopoulos : lyra, Nabankur Bhattacharya : tabla, Hassan Boukerrou : derbouka, Bruno Allary : guitares, basse, bendir, programmations, Hristina Beleva : gadulka, Latif Chaarani : req , Katerina Papadopoulou : chant, Jérôme Salomon : daf, daouli, toumbeleki, tombak, Fanis Karoussos : santouri, lafta…

Les collaborations de longue date :

Avec Aksak : En compagnie des complices du quintette Aksak, Philippe Franceschi, Christiane Ildevert, Patrice Gabet et Lionel Romieu, elle creuse le sillon des musiques d’Europe Orientale et Balkanique depuis 1989. 7e album du groupe : Les artisans du temps (sortie printemps 2017 aux Editions Absilone, Distribution Socadisc & Believe digital, Production Sur le Pont). Les autres albums : De l’Europe Centrale à la Méditerranée Orientale, Les oiseaux migrateurs, Florina, Noëls des Balkans avec Bijan Chemirani et Erika Taznady, L’Oreille du voyageur, Portraits.

– Avec le groupe Panselinos (musiques traditionnelles grecques), dont elle fait partie depuis 1999 aux côtés de Georges Mas, Benoît Capron et Lionel Romieu, elle enregistre en 2015, le double album Kumpania Massalias avec les voix de Vanghelis Dimoudis et Maria Simoglu. Production Hiphaistia.

Autres collaborations :

– Avec la musique ancienne

Isabelle Courroy intègre en 2014 l’ensemble Canticum Novum, basé à St Etienne (42). Avec cet ensemble protéiforme, elle participe à la diffusion des programmes TOPKAPI, musiques à la cour de Soliman le Magnifique et Aashenayi (rencontre en langue persane). Elle enregistre la création Aashenayi, parue aux éditions Ambronay en 2014. En 2016, aux côtés des voix de Gulay Hacer (Turquie), Maria Simoglu (Grèce) et Emmanuel Bardon, elle participe à la création du programme T(h)races. Festival de Puteaux.

Festival de Radio France de Montpellier, Festival de musiques sacrées de Perpignan, Festival d’Ambronay, Festival de musique ancienne de Vanves, de Pontoise, La folle journée de Nantes en 2015.

– Avec la musique contemporaine

Zad Moultaka l’invite à un travail d’improvisation dirigée en compagnie du joueur de kementché arménien Gagik Mouradian. Cette résidence aboutit à 13 Haiku créés à la Fondation Royaumont. A l’issue de cette création, en 2015, Zad Moultaka compose à son intention Zaïb Rouwakou, pièce pour kaval et sons fixés.

Dans le cadre du duo L’églantine et la rose qu’elle forme avec Djamchid Chemirani (zarb), elle commande  une pièce pour kavals, flûtes et sons fixés au compositeur Zad Moultaka : Vent III, Le vent souffle où il veut, (Création Fondation Royaumont 2007)

– Avec Françoise ATLAN

Entre 1996 et 1998, aux côtés de Keyvan Chemirani, elle accompagne Françoise Atlan pour les réalisations discographiques Noches et La rose et le jasmin. (CHOC du Monde de la Musique, Diapason d’Or et ffff de Télérama).

D’autres événements marquants :

– En 2007, Carte blanche lui est donnée par la Ville d’Apt. Elle invite le joueur de kaval Sinan Celik (Turquie), et le joueur de Ney Harris Lambrakis (Grèce), ainsi que le musicologue Sami Sadak (Master classes,  conférences, concerts)

– En 2006, elle assure la direction artistique des Conjugaisons, un temps musical pour la création, rassemblant Djamchid Chemirani, Mahmut Demir, Maria Simoglu, le quintette Oneira, l’ethnomusicologue Marie Barbara Le Gonidec, le luthier Riccardo Von Vitorrelli, pour une série de concerts, conférences et résidence de création en Pays d’Apt.

– Elle compose pour le Théâtre (Vélo-Théâtre), la danse contemporaine (Cie La Zampa). Elle est invitée également pour des performances d’improvisation (avec le groupe F Créations pyrotechniques) et pour le Festival de Poésie de Séte

– Elle se produit  dans toute la France et à l’étranger : Yémen, Egypte, Turquie, Algérie, Espagne, Portugal, Sardaigne, Albanie, Serbie, Tchéquie, Hongrie, Suisse, Belgique, Luxembourg, Allemagne,  Danemark …

 Artiste associée de L’Oreille buissonnière depuis 2011

En 2011, Isabelle Courroy s’engage comme artiste associée de L’Oreille buissonnière, association du Vaucluse dont elle partage les objectifs de partage des cultures et d’interaction entre le local et le lointain, l’intimité et l’altérité et la synergie tradition-création. Cette association co-produit avec MCE production (Marseille) son album Confluence#1. Dans cet opus, elle invite tour à tour des musiciens de France, Bulgarie, Grèce, Maroc, Algérie, Tunisie et d’Iran à la rejoindre sur ses compositions originales.  Edité chez Buda Musique et distribué par Socadisc, l’album est soutenu par la Région PACA et se voit décerné Coup de cœur de l’Académie Charles Cros et Bravo!!! de Trad Magazine.

Transmission :

Souvent sollicitée comme pédagogue, (CNFPT, Conservatoires de Strasbourg, Nancy, Montbéliard, CIM de Bar le Duc, Digne Manosque, C.R.I du Pays d’Apt, Festival des Suds à Arles, Le Tapis Vert- Alençon), Isabelle Courroy se sert de sa double culture à la fois traditionnelle et savante pour créer des passerelles entre les genres musicaux et les différentes méthodes de transmission.

Pour le projet Le Monde est chez nous, Marseille Provence – Capitale européenne de la Culture 2013 passe commande de création au tandem qu’elle forme avec la chorégraphe bulgare Maya Mihneva. Cette collaboration aboutit à la création TovaE, rassemblant une quarantaine de musiciens et danseurs et donnée au Vélo Théâtre d’Apt, à Aubagne, au Théâtre Jean le Bleu de Manosque et au Palais des congrès de Digne les Bain.

Depuis 2002, Isabelle Courroy anime Les Ateliers flûtes Kaval et Musiques des Balkans au Conservatoire Inter Communal du Pays d’Apt. En 2017, ils se poursuivront avec le soutien de L’Oreille Buissonnière. Egalement, accompagnés par cette structure, des ateliers du même type se mettront en place en 2017 / 2108 à l’Institut International des Musiques du Monde d’Aubagne.

Des rencontres artistiques internationales (…concerts, master-classes, atelier, conférence, exposition…) sur le thème des flûtes obliques à travers le monde sont en cours d’elaboration pour cette même période. Ce projet a l’ambition de mettre en réseau les partenaires avec lesquels elle a déjà pu ou souhaite collaborer : Le Conservatoire du Pays d’Apt, L’oreille buissonnière, l’ADDM 84, La Cité de la musique de Marseille, MCE production, l’IIMM d’Aubagne, le Chantier de Correns, Les Fifres de Garonne, Les Ateliers d’ethnomusicologie de Genève (animés par Laurent Aubert).

Quelques mots sur les flûtes Kaval

Flûtes emblématiques des grandes régions de Thrace et d’Anatolie, les flûtes kaval  sont porteuses d’un répertoire ancestral intimement lié au rôle du berger, d’un point de vue tant symbolique que pragmatique. Ces instruments occupent une place centrale dans la cosmogonie païenne du monde pastoral. Q-w-l, la racine arabe du mot kaval, signifie la Parole. Cette étymologie met en lumière le pouvoir sacré de l’instrument et invite le musicien au rôle de médiateur, voire de magicien. Il est possible d’entendre dans le son kaval, l’écho du mot cavité, en résonance avec la bouche du flûtiste, la caverne d’où s’envole librement son chant.

Isabelle Courroy a écrit pour la Presse Musicale spécialisée : Le fil d’or des Flûtes kaval Revue Tempo flûte N° et Caval et Kaval, flûtes pastorales des Balkans – Revue Traversières Magazine N°85

Un article lui est consacré dans Trad Mag (N° 142) Entretien : Isabelle Courroy – Kaval, le choc amoureux